Calendrier

Janvier à Septembre 2018

Recherches de matériaux, lectorat
Recherches de co-productions, de résidences de création

Été 2018

Livraison d’une matrice

Décembre 2018

Première Lecture publique Résidence au Goethe Institut

Février à Mai 2019

6 - 15 juin 2019

Création en Allemagne dans le cadre du
Festival franco-allemand PERSPECTIVES à Sarrebrück

Distribution

Texte Dorothée Zumstein
Mise en scène Catherine Umbdenstock
Dramaturgie Katia Flouest-Sell
Scénographie & costumes Elisabeth Weiß
Lumières Manon Lauriol
Régie Pierre Mallaisé
Administration Pauline Hyron
Diffusion et production Valérie Teboulle
Avec Christophe Brault, Charlotte Krenz, Lucas Partensky et Pascale Schiller

Production

production epik hotel
recherche de co-productions en cours...

CONTACT PRO

Pauline Hyron
administration(a)epik-hotel.com,
+33(0)6 85 45 23 15

Valérie Teboulle (diffusion) : vteboulle(a)gmail.com
+33(0)6 84 08 05 95

meeting point (work in progress)

Commande d’un texte à Dorothée Zumstein. Mis en scène par Catherine Umbdenstock.

Une Rencontre
Quand Catherine Umbdenstock m’a proposé, il y a quelques mois, de travailler avec elle sur la notion de frontière, la proposition a aussitôt résonné en moi. Pour connaître un peu le travail de Catherine, et la façon dont elle dirige sa troupe franco-allemande – composée de Christophe Brault, Charlotte Krenz, Lucas Partensky et, pour ce projet, de la comédienne Pascale Schiller – je conçois aisément comment certaines de mes recherches trouveront un écho dans son travail, et en quoi la participation d’une troupe déjà constituée servira ce projet commun.
Il y a en effet dans les mises en scène de Catherine un aspect work in progress qui, bien au-delà de l’aspect thématique, place les frontières, et leur abolition, au cœur même de la démarche créatrice. Ainsi, la ténuité ( voire l’invisibilité ) des frontières qui semble séparer ( ou ne pas séparer ) ses ac- teurs de leurs personnages. La dynamique liée au collectif y est sans doute pour beaucoup : suivre un groupe d’acteurs sur plusieurs années, c’est leur fabriquer une histoire commune, qui passe aussi par la mémoire des corps. En tant qu’auteur, rien de plus stimulant que d’inscrire le geste d’écriture dans une telle dynamique, que de prendre un tel train en marche.
Me touche également dans le travail de Catherine ce non-choix délibéré entre théâtre de texte et théâtre d’action, la poésie tirant sa vigueur du mouvement, et vice versa. Si j’ai trouvé ma liberté dans le vers libre, Catherine a récemment monté Don Karlos, tragédie en vers de Schiller, avec un naturel déconcertant. C’est quant à moi pour son caractère lapidaire que j’ai adopté le vers libre.
En écrivant Time bomb ( Mémoires Pyromanes ), pièce construite autour du destin de Ulrike Meinhof, je rêvais pour ma part d’une langue qui traverse les corps ( violemment, comme une èche ou une balle ) mais qui soit aussi force motrice, propulsante.

Des temps et des lieux
C’est précisément suite à la lecture de Time Bomb que Catherine s’est adressée à moi. La pièce s’ouvrait sur une remarque :
Les lieux et les moments évoqués dans cette pièce ont pour cadre la RFA. Si le titre du lm de Rossel- lini Germania Anno Zero fait de l’année 1945, en Allemagne, l’année zéro, on peut dire que ce drame a pour axe non l’année 1970 mais l’année 25. L’âge moyen des militants clandestins composant la fameuse organisation terroriste qui se forma cette année-là était, précisément, de... vingt-cinq ans.
Catherine et moi avons choisi de situer l’action principale de la pièce à la n des années quatre-vingt dix ( sans nous interdire néanmoins les flash-back, voire les flash-forward ). Deux des protagonistes appartiennent donc à la génération susmentionnée, née dans l’immédiate après-guerre : une Allemande ( Pascale Schiller ) et un Français ( Christophe Brault ). L’histoire avec un grand H sera donc au cœur de MEETING POINT, et il sera donc aussi question des frontières qu’a dessinées celle-ci. Catherine est née dans une région ( l’Alsace ) à l’identité fluctuante, dont les habitants – tantôt Français tantôt Allemands – ont changé cinq fois de nationalité entre 1870 et 1945. Une partie de son enfance s’est déroulée dans des maisons familiales hantées par le souvenir des fils morts ou disparus.
Une certaine maison nous inspire tout particulièrement. Sur ses murs ricoche la photo d’un petit garçon, fils d’un soldat américain de l’armée de libération, mort à dix ans d’un mystérieux accident de vélo. Au-delà du cliché au sourire figé à jamais, flotte une légion fantôme : celle des innombrables fils disparus et notamment des « malgré-nous », ces dizaines de milliers de très jeunes Alsaciens (et Mosellans ) successivement enrôlés de force par la Waffen-SS puis faits prisonniers par les Russes – un tiers d’entre eux ne reviendra pas, abattus sous l’uniforme allemand ou morts dans les camps russes.
Si nous ne nous interdirons pas de puiser dans l’histoire de la région, et dans une histoire familiale où l’intime et le collectif se mêlent, nous ne souhaitons pas pour autant limiter la notion de frontière à son seul caractère géographique. En ce sens, il s’agira là aussi pour nous, de faire « sauter les lignes » afin de n’être pas prisonniers d’une forme donnée.
La maison familiale, depuis longtemps désertée et soudain réinvestie, sera donc pour nous un espace à la fois fantasmatique et réel, aux contours forcément uctuants, où les paroles des nouveaux arrivants ne sauraient tarder à réveiller la mémoire des murs. Un lieu de jonction où cesseraient de s’opposer les faux-contraires énoncés par André Breton ( la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas ). La maison de MEETING POINT et la proposition de Catherine d’écrire pour quatre acteurs de deux nationalités mais aussi de deux générations différentes ( vingt ans séparent les plus âgés des plus jeunes ) permettront de jouer avec le temps ( chamboulements de la chronologie, juxtaposition – voire simultanéité – des espaces temps etc... ).

Le (non) lieu
Une maison de famille inchangée depuis les années cinquante, comme gée dans le temps : photos des disparus avec ou sans tombeaux, aveux à demi-mot, murs et rideaux jaunis par les chuchotis... Fin des années 90.
Maison vide, sur le point d’être vendue. Propriétaire morte quelques mois plus tôt.

Sur les personnages...
1. Le fils de la propriétaire défunte, cinéaste auteur dans les années 70 de deux ou trois lms « culte ». Ne tourne plus.
2. Son ex-épouse, actrice allemande à la blondeur archétypale, s’étant libérée de son statut de muse of cielle du premier et réalise elle-même des films ( peut-être la cause de leur divorce ).
3. Le jeune homme, fils de l’actrice, ancien beau-fils du réalisateur. Quelque chose de fantomatique. Est-il seulement vivant ? ( On l’a longtemps cru mort, c’est certain ).
4. La jeune femme, qui se présente d’abord aux trois autres sous un faux prétexte. Peut-être la fille du réalisateur ( une fille dont il ignorait l’existence ).

Tous ont été comme « convoqués ».
Maison divisée en 4 zones, comme la Vienne ou le Berlin d’après-guerre.
MEETING POINT est un « quadriptique » : chacun des protagonistes aura sa zone, son volet. Chaque volet est une version possible d’une même journée ( le 8 mai 1998, par exemple ). Chaque partie, tout en pouvant fonctionner indépendamment des deux autres, les éclaire ou les com- plète. Parfois aussi, les contredit...

1. Dans le premier volet, c’est la jeune femme qui a réuni les trois autres.
2. Dans le second, c’est le jeune homme ( qu’on avait cru mort, et qui revient, avatar anachronique des malgré-nous disparus puis reparus des années plus tard ).
3. Dans le troisième, c’est le cinéaste qui, au prétexte de procéder à un inventaire, a réuni les siens. ( Retour sur les circonstances de la mort du « garçon au vélo », évocation du fiancé américain).
4. Dans le quatrième, c’est l’actrice devenue réalisatrice qui, au prétexte de tourner un film au scénario encore incertain mais fortement inspiré du passé du couple qu’elle formait avec son ex-mari, a réuni des acteurs ( dont l’un ressemble à s’y méprendre à ce fils dont elle est sans nouvelles... )

L’Amérique
... constamment évoquée : par la photo du soldat américain trônant au-dessus de la cheminée, que la mère du garçon au vélo ne s’est jamais décidée à rejoindre ; par une statue d’Auguste Bartholdi ( enfant de Colmar et auteur de la Statue de la Liberté ) léguée à la famille, de condition modeste par une riche employeuse ; par les rêves de l’actrice autrefois forcée de renoncer à la carrière hollywoodienne qu’elle ambitionnait...
Dorothée Zumstein.

L'autrice
Dorothée Zumstein a écrit une dizaine de pièces, parmi lesquelles MayDay mis en scène à La Colline par Julie Duclos (2017), Never Never Never (Prix des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre; aide à la création 2012) & Mémoires Pyromanes (Prix des Journées des auteurs de Lyon 2006, successivement mis en espace au Théâtre Gérard Philipe par Philippe Duclos, au Théâtre du Vieux-Colombier par Laurent Muhleisen et au Théâtre du Rond-Point par Yves Charreton). Toutes sont parues aux Editions Quartett. Elle a obtenu en 2012 une bourse du CNL pour Ammonite, écrite et présentée aux 40emes rencontres d’été la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. Outre de nombreux romans ou nouvelles (Joyce Carol Oates, AM Homes, Dan Fante), elle a traduit plusieurs pièces de Shakespeare pour la scène (Le Roi Lear et Richard III, mis en scène par Laurent Fréchuret; Macbeth mis en scène par Eric Massé), et la Tempête pour le Théâtre de Privas. En 2017, elle traduit Massacre à Paris de Marlowe pour Laurent Brethome. Pour Eric Massé et la Cie des Lumas elle a également écrit Migrances (Subsistances, Lyon, 2010) ; pour Laurent Fréchuret & le CDN de Sartrouville Harry et Sam. Pour Elizabeth Macocco et le CDR de Rouen, elle écrit d’après Opening Night Alias Alicia.Toutes ses pièces sont éditées aux éditions Quartet. Outre Meeting Point, elle travaille à l’écriture d’une pièce pour Valérie Suner et le théâtre de La Poudrerie ( Sevran ) et à l’écriture d’un opéra Patiente 66 avec le compositeur Benoït Delbecq, dans une mise en scène par Marie-Christine Mazzola et soutenu par Beaumarchais-SACD.