DOCUMENTS

Szenik - magazine spectacles -transfrontalier Grand Est
Reportage vidéo - interview de Catherine Umbdenstock et Pascale Schiller >>

>> Dernier dossier de création sur demande : contact@epik-hotel.com

 

Calendrier

RÉSIDENCES D’ÉCRITURE

Août 2019
Staufen im Breisgau, Allemagne

du 15 au 17 Novembre 2018
Goethe Institut de Paris

Août 2018
Colmar et environs

LECTURES

13 Février 2020
Lectures d’extraits à l’Agence Culturelle du Grand Est, Sélestat

19 Novembre 2019
Lectures d’extraits au Théâtre Paris-Villette

Samedi 24 Novembre 2018
Festival Focus#5 Théâtre Ouvert - Centre National des Dramaturgies Contemporaines - Paris Lecture d’extraits, avec le soutien du Goethe-Institut

RÉSIDENCES RÉPÉTITIONS

du 11 au 14 Février 2020
Agence Culturelle du Grand Est, Sélestat

du 10 au 20 Novembre 2020
TAPS-Scala Strasbourg

du 18 Décembre 2020 au 16 Janvier 2021
Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace

(recherches d’autres résidences en cours)

CRÉATION
du 20 au 23 Janvier 2021
Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace, en tant qu’artiste associé

TOURNÉE
Mars 2021
TAPS-Scala, Strasbourg
(Construction en cours)

 

Distribution

Texte Dorothée Zumstein
Mise en scène Catherine Umbdenstock
Dramaturgie Katia Flouest-Sell
Scénographie & costumes Elisabeth Weiß
Lumières Manon Lauriol
Création musicale Eve Risser
Régie Pierre Mallaisé
Administration et production Pauline Hyron
Diffusion et production Valérie Teboulle
Avec Christophe Brault, Charlotte Krenz, Lucas Partensky et Pascale Schiller

 

Production

production epik hotel
co-production Comédie de Colmar - CDN Grand Est Alsace

AVEC LE SOUTIEN DE
La Région Grand Est
Le Goethe Institut
Théâtre Ouvert - Centre National des Dramaturgies Contemporaines
TAPS - théâtre actuel et public de la ville de Strasbourg
L’Agence Culturelle du Grand Est
Szenik mag

 

CONTACT

Pauline Hyron
administration(a)epik-hotel.com,
+33(0)6 85 45 23 15

Valérie Teboulle (diffusion) : vteboulle(a)gmail.com
+33(0)6 84 08 05 95


Credit photos: Christophe Raynaud de Lage.

meeting point

Commande d’un texte à l'auteure Dorothée Zumsteim, avec pour thème la notion de
"frontières". L'histoire, en naviguant d’un côté et de l’autre de la rive, se joue des identités et questionne la langue, le théâtre, l'art comme outils intimes et politiques. Mis en scène par Catherine Umbdenstock.

Les Frontières - note d'intention

Meeting Point est né d’une rencontre artistique entre la metteure en scène Catherine Umbdenstock et l’autrice Dorothée Zumstein, et de leurs échanges autour de la notion de frontière, de langues interdites et, finalement : d’identité.
En novembre 2015, les frontières d’avec l’Allemagne et la Belgique se sont à nouveau fermées. D’un coup. Ces check-point, ces «Zoll», ces cabanes à douanier, ces barrières rouges et blanches que notre génération croyait à jamais levées : réapparues. Les bouchons, la file interminable de voiture au poste-frontière, les lampes de poche des douaniers à travers les vitres (...Est-ce que j’ai bien sur moi un papier d’identité ???). D’où cette question devenue brûlante dans notre parcours, dans notre réalité quotidienne d’Européen et Européenne: qu’est-ce qui fait frontière? Une barrière ? Une langue ? Un papier d’identité ?

Meeting Point est donc une nouvelle histoire, une pièce qui s’écrit pour 4 comédiens et comédiennes de la troupe franco-allemande Epik Hotel. Mélange des langues, des univers, des biographies spécifiques de chacun et chacune d’entre nous. Meeting Point s’écrit à la fois sur des bases de documents et d’archives publiques et privées, mais aussi et surtout sur des recherches menées sur le terrain, sur le territoire, d’un côté et de l’autre du Rhin. Les personnages et l’histoire se tissent au gré des rencontres (fortuites ou ciblées) : le cercle des anciens de Tambov, un étudiant en médecine de la faculté de Strasbourg et ses recherches sur les victimes du Struthof, une éducatrice travaillant auprès de la « communauté » Yenish, un acteur amateur à Staufen im Breisgau (le village de Faust) incarnant Mephisto pour les touristes...

Y a-t-il des points de convergence ? Des «points de rencontre» ? Quelle(s) langue(s) parle-t-on à la frontière ?

 

UNE RENCONTRE - par D. Zumstein
Quand Catherine Umbdenstock m’a proposé de travailler avec elle sur la notion de frontière, la proposition a aussitôt résonné en moi. Pour connaître le travail de Catherine, et la façon dont elle dirige sa troupe franco-allemande – composée de Christophe Brault, Charlotte Krenz, Lucas Partensky et, pour ce projet, de la comédienne Pascale Schiller – je conçois aisément comment certaines de mes recherches trouveront un écho dans son travail, et en quoi la participation d’une troupe déjà constituée servira ce projet commun.
Il y a en effet dans les mises en scène de Catherine un aspect work in progress qui, bien au-delà de l’aspect thématique, place les frontières, et leur abolition, au cœur même de la démarche créatrice. Ainsi, la ténuité ( voire l’invisibilité ) des frontières qui semble séparer ( ou ne pas séparer ) ses ac- teurs de leurs personnages. La dynamique liée au collectif y est sans doute pour beaucoup : suivre un groupe d’acteurs sur plusieurs années, c’est leur fabriquer une histoire commune, qui passe aussi par la mémoire des corps. En tant qu’auteur, rien de plus stimulant que d’inscrire le geste d’écriture dans une telle dynamique, que de prendre un tel train en marche.
Me touche également dans le travail de Catherine ce non-choix délibéré entre théâtre de texte et théâtre d’action, la poésie tirant sa vigueur du mouvement, et vice versa. Si j’ai trouvé ma liberté dans le vers libre, Catherine a récemment monté Don Karlos, tragédie en vers de Schiller, avec un naturel déconcertant. C’est quant à moi pour son caractère lapidaire que j’ai adopté le vers libre.
En écrivant Time bomb ( Mémoires Pyromanes ), pièce construite autour du destin de Ulrike Meinhof, je rêvais pour ma part d’une langue qui traverse les corps ( violemment, comme une èche ou une balle ) mais qui soit aussi force motrice, propulsante.

Des temps et des lieux
C’est précisément suite à la lecture de Time Bomb que Catherine s’est adressée à moi. La pièce s’ouvrait sur une remarque :
Les lieux et les moments évoqués dans cette pièce ont pour cadre la RFA. Si le titre du lm de Rossel- lini Germania Anno Zero fait de l’année 1945, en Allemagne, l’année zéro, on peut dire que ce drame a pour axe non l’année 1970 mais l’année 25. L’âge moyen des militants clandestins composant la fameuse organisation terroriste qui se forma cette année-là était, précisément, de... vingt-cinq ans.
Catherine et moi avons choisi de situer l’action principale de la pièce à la n des années quatre-vingt dix ( sans nous interdire néanmoins les flash-back, voire les flash-forward ). Deux des protagonistes appartiennent donc à la génération susmentionnée, née dans l’immédiate après-guerre : une Allemande ( Pascale Schiller ) et un Français ( Christophe Brault ). L’histoire avec un grand H sera donc au cœur de MEETING POINT, et il sera donc aussi question des frontières qu’a dessinées celle-ci. Catherine est née dans une région ( l’Alsace ) à l’identité fluctuante, dont les habitants – tantôt Français tantôt Allemands – ont changé cinq fois de nationalité entre 1870 et 1945. Une partie de son enfance s’est déroulée dans des maisons familiales hantées par le souvenir des fils morts ou disparus.
Une certaine maison nous inspire tout particulièrement. Sur ses murs ricoche la photo d’un petit garçon, fils d’un soldat américain de l’armée de libération, mort à dix ans d’un mystérieux accident de vélo. Au-delà du cliché au sourire figé à jamais, flotte une légion fantôme : celle des innombrables fils disparus et notamment des « malgré-nous », ces dizaines de milliers de très jeunes Alsaciens (et Mosellans ) successivement enrôlés de force par la Waffen-SS puis faits prisonniers par les Russes – un tiers d’entre eux ne reviendra pas, abattus sous l’uniforme allemand ou morts dans les camps russes.
Si nous ne nous interdirons pas de puiser dans l’histoire de la région, et dans une histoire familiale où l’intime et le collectif se mêlent, nous ne souhaitons pas pour autant limiter la notion de frontière à son seul caractère géographique. En ce sens, il s’agira là aussi pour nous, de faire « sauter les lignes » afin de n’être pas prisonniers d’une forme donnée.
La maison familiale, depuis longtemps désertée et soudain réinvestie, sera donc pour nous un espace à la fois fantasmatique et réel, aux contours forcément uctuants, où les paroles des nouveaux arrivants ne sauraient tarder à réveiller la mémoire des murs. Un lieu de jonction où cesseraient de s’opposer les faux-contraires énoncés par André Breton ( la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas ). La maison de MEETING POINT et la proposition de Catherine d’écrire pour quatre acteurs de deux nationalités mais aussi de deux générations différentes ( vingt ans séparent les plus âgés des plus jeunes ) permettront de jouer avec le temps ( chamboulements de la chronologie, juxtaposition – voire simultanéité – des espaces temps etc... ).

LE POINT DE RENCONTRE

Sur les murs d’une maison de famille, dans des cadres de bois ornés de rosaires et de crucifix, ricoche le visage souriant d’un fils trop tôt arraché aux siens, jeune pour l’éternité.
Elle existe, cette maison, et ressemble à s’y méprendre à des dizaines de milliers d’autres dans la même région...

Ses volets en bois sont percés de cœurs, ses rideaux et ses nappes brodés rouge et blanc déclinent et inversent à l’infini un même motif.
Sur une commode, la reproduction d’une statue de Bartholdi, enfant du pays, auteur de la Statue de la Liberté, incarnation du rêve américain...

Comme dans les contes de fées, la maison est située à l’orée d’une forêt, laquelle déploie son ombre sur une terre riche et fertile, mais scarifiée par les guerres, et volontiers sacrifiée par les nations qui l’ont tour à tour revendiquée en opposant le couperet des frontières à son identité multiple, en faisant barrage au flux et au brassage de ses langues, légendes et traditions.

En ses coins et recoins, elle conserve la trace de ses habitants passés, représentants d’une population à laquelle on a souvent fait violence en lui plantant dans le cœur un drapeau aux couleurs changeantes – tantôt françaises, tantôt allemandes.
Cette maison familiale depuis longtemps désertée et soudain réinvestie constitue le décor à la fois fantasmatique et réel, aux contours forcément fluctuants, de Meeting Point. En effet, les paroles de nouveaux arrivants – au nombre de quatre, deux Français et deux Allemandes, appartenant à deux générations – ne sauraient tarder à réveiller la mémoire des murs.

LES PERSONNAGES

FRANCK B
Tournait des films. A connu son heure de gloire, ne se soucie plus du succès – ce n’est pas une pose. Il lui arrive encore de tourner – assez peu. Parle parfois de son « projet secret », le seul qui lui tienne à coeur désormais, mais dont il lui est bien égal qu’il voie ou non le jour – et comprenne qui pourra.

EVA B
Actrice, mariée au premier depuis une éternité. Après un premier film devenu « culte », Franck et elle ont vu leurs deux noms constamment associés, quand ils n’ont finalement que peu travaillé ensemble – et encore moins vécu sous le même toit. N’ont jamais envisagé de divorcer, en dépit des conseils avisés d’amis qui, pour la plupart, sont morts depuis.

SEBASTIAN B
Leur fils. Vient d’achever des études de médecine. Se réjouit de ne rien devoir à ses parents, lesquels portent sur lui, à chacune de leurs retrouvailles, le regard étonné de deux personnes qui avaient oublié qu’elles avaient un fils, mais qui ne sont pas malheureuses de se le voir rappeler parce qu’après tout pourquoi pas

FRIEDERIKE X
Elle a, d’après Franck B – dont le regard reste celui d’un cinéaste ayant souvent recruté une partie de ses acteurs non professionnels sur le lieu même de ses tournages – l’allure d’une jeune femme « qui connaît la forêt comme sa poche et semble à peine descendue de cheval »

Peut-être ne sont-ils rien de tout cela, et sont-ils simplement :

LA REINE
LE ROI
LE PRINCE
LA PRINCESSE ERRANTE

DOROTHÉE ZUMSTEIM
Dorothée Zumstein a écrit une dizaine de pièces, parmi lesquelles MayDay mis en scène à La Colline par Julie Duclos (2017), Never Never Never (Prix des Journées de Lyon des Auteurs de Théâtre; aide à la création 2012) & Mémoires Pyromanes (Prix des Journées des auteurs de Lyon 2006, successivement mis en espace au Théâtre Gérard Philipe par Philippe Duclos, au Théâtre du Vieux-Colombier par Laurent Muhleisen et au Théâtre du Rond-Point par Yves Charreton). Toutes sont parues aux Editions Quartett. Elle a obtenu en 2012 une bourse du CNL pour Ammonite, écrite et présentée aux 40emes rencontres d’été la Chartreuse de Villeneuve-les-Avignon. Outre de nombreux romans ou nouvelles (Joyce Carol Oates, AM Homes, Dan Fante), elle a traduit plusieurs pièces de Shakespeare pour la scène (Le Roi Lear et Richard III, mis en scène par Laurent Fréchuret; Macbeth mis en scène par Eric Massé), et la Tempête pour le Théâtre de Privas. En 2017, elle traduit Massacre à Paris de Marlowe pour Laurent Brethome. Pour Eric Massé et la Cie des Lumas elle a également écrit Migrances (Subsistances, Lyon, 2010) ; pour Laurent Fréchuret & le CDN de Sartrouville Harry et Sam. Pour Elizabeth Macocco et le CDR de Rouen, elle écrit d’après Opening Night Alias Alicia.Toutes ses pièces sont éditées aux éditions Quartet. Outre Meeting Point, elle travaille à l’écriture d’une pièce pour Valérie Suner et le théâtre de La Poudrerie ( Sevran ) Tout ce qui ne tue pas et à l’écriture d’un opéra Patiente 66 avec le compositeur Benoït Delbecq, dans une mise en scène par Marie-Christine Mazzola et soutenu par Beaumarchais-SACD.